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    Document de travail 2016-1: Construire la transition par l'innovation locale : le cas de la Vallée de la Drôme, O. De Schutter, S. Bui, I. Cassiers, T. Dedeurwaerdere, B. Galand, H. Jeanmart, M. Nyssens et E.Verhaegen.
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      Abstract:
      La transition écologique et sociale peut se penser à partir du haut : guidée par l'Etat, par le recours à des réglementations juridiques et à des incitants économiques, et par l'outil de la planification pour passer à une société bas carbone. Elle peut aussi se réfléchir comme résultant d'initiatives locales dans les domaines de l'alimentation, de l'énergie ou des transports, au sein desquelles les individus inventent des solutions à partir de motivations variées et dans des contextes spécifiques, en prenant appui sur les ressources matérielles et les savoir-faire locaux.
      Notre analyse part de l'exemple de la mise en mouvement de la vallée de la Drôme, un territoire de 54000 habitants qui a vu se développer un nombre impressionnant de telles initiatives au cours des dernières années et qui a donné lieu entre autres à un programme majeur de développement durable territorial appelé Biovallée. En prenant pour point de départ cet exemple, nous avons voulu explorer les facteurs de nature à favoriser une transition écologique ainsi conçue, à partir des initiatives locales, ainsi que les défis qu'elle doit affronter et les freins qu'elle peut rencontrer. En prenant en compte le contexte historique ainsi que les réalités géographiques et démographiques du territoire de la vallée de la Drôme, nous tentons de dégager de ce laboratoire de la transition écologique des enseignements pouvant nous éclairer sur les conditions de la transition conçue sur le mode territorial. Nous mettons en avant en particulier (i) le rôle des motivations intrinsèques et extrinsèques, qui amènent les individus à s'investir dans certaines innovations sociales ; (ii) les mécanismes de gouvernance et de mise en réseau qui favorisent la construction de valeurs et de visions partagées pouvant amener un basculement des normes sociales ; (iii) la nouvelle grammaire de l'action publique que suppose cette conception émergente de la transition écologique, et les leviers d'un nouveau type que peuvent utiliser les pouvoirs publics afin de la faire advenir.

    Document de travail 2016-2 : La cage et le labyrinthe : s'évader de la religion de la croissance, Olivier De Schutter.
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      Abstract
      L'hypothèse que je propose est que la situation dont nous héritons est le résultat d'une interaction entre des changements de comportement dans le chef de l'individu et des réponses à ces comportements qui se présentent à l'échelle sociétale. J'évoque très sommairement les termes de cette interaction, qui définit la nature de la cage dans laquelle nous sommes enfermés. Je mets en avant ensuite une seconde caractéristique de la situation dont nous héritons : si, au sein d'une petite fraction de l'opinion, les impasses liées à la poursuite de la croissance économique commencent à être reconnues, les moyens de sortir de ces impasses demeurent vagues et contestés. Nous sommes prisonniers d'un système hérité, et bien qu'un nombre de plus en plus important de gens comprennent la nécessité de s'en évader, ils sont en désaccord sur les voies de sortie. Ceci ne doit pas être vu comme un problème, mais plutôt comme une promesse. L'on ne sort de la cage qu'en acceptant que la question de la transition suppose une pluralité de solutions, et l'encouragement à la recherche de plusieurs voies de sortie. Nous sommes dans une cage sans doute, mais non pas prisonniers d'un labyrinthe qui n'autoriserait qu'une voie de sortie : c'est à partir de cette double caractéristique que l'on peut réfléchir les dispositifs de gouvernance à instituer pour préparer une société de post-croissance.